En parallèle de l'exposition Monet. Le Temps des Nymphéas, la cour du Palazzo Reale accueille une œuvre singulière de l'artiste milanais Alessandro Papetti, composée de trois grands espaces picturaux circulaires de 8 mètres de diamètre chacun.
Cette initiative, portée par la Ville de Milan - Culture et réalisée en collaboration avec le Palazzo Reale et Italian Factory, est la première d'un projet visant à faire dialoguer les expositions d'art ancien et moderne avec la sensibilité d'un artiste contemporain. Dans ce cas précis, l'exposition de Papetti dialogue idéalement avec Monet. Le Temps des Nymphéas, présentée au premier étage du Palazzo Reale.
"Imaginons le temps et plongeons-nous dedans. Le temps est comme un cercle dont nous ne sommes qu'un point en mouvement. Mais ce cercle nous enveloppe, prenant la forme, et peut-être la force, d'une spirale", explique Massimiliano Finazzer Flory, conseiller à la Culture de la Ville de Milan. "Nous finissons par être absorbés par la couleur. La fusion de l'ancien, du moderne et du contemporain qui caractérise la nouvelle orientation culturelle de Milan se poursuit."
L'installation se compose de trois immenses "environnements picturaux" circulaires (d'un diamètre intérieur de 8 mètres chacun), dans lesquels les visiteurs peuvent pénétrer, s'immergeant physiquement dans l'espace pictural et se laissant transporter par la puissance expressive des couleurs et des lignes, comme s'ils devenaient partie intégrante des tableaux.
Ainsi, la distance entre le spectateur et l'œuvre semble presque s'estomper, dans un jeu kaléidoscopique de miroirs, de citations et de références croisées, permettant au visiteur de renouer instinctivement les liens rompus entre la grande tradition de la peinture européenne moderne - dont la puissance expressive de Monet représente un des sommets - et les écoles d'avant-garde du début et de la fin du 20e siècle. En particulier, au regard des nombreuses expérimentations sur la relation complexe entre l'œuvre d'art et l'espace habitable, entre paysage extérieur et intérieur (des environnements spatiaux de Fontana aux expressions du Land Art, en passant par les labyrinthes de Richard Serra), cette nouvelle œuvre de l'artiste milanais apparaît, tout en employant les moyens propres à la plus belle tradition picturale, comme une réinterprétation idéale. "L'idée de ce cycle de peintures circulaires", explique Alessandro Papetti, "m'est venue il y a quelques années d'un besoin précis : repenser et approfondir non seulement ma recherche picturale, mais aussi ma position et mon rapport à la peinture elle-même. Il s'agissait de remettre en question la certitude de la pratique habituelle, ainsi que l'habitude d'un espace pictural défini ou la manière d'aborder une toile. De tout cela est née l'envie de me trouver dans une situation moins conventionnelle, tout en restant au sein de celle-ci, dans un espace dont les frontières pourraient s'étendre jusqu'à me faire sentir au centre d'une situation spatio-temporelle différente et insolite. Un espace circulaire comme espace pictural différent, une alternative à l'espace traditionnel, où, du moins conceptuellement, il n'y a ni début ni fin, et où le geste pictural peut représenter le commencement de la peinture, mais aussi sa fin. Ne pas savoir par où commencer, ni dans quelle direction aller, est une possibilité. Se refermer sur soi-même à l'intérieur du cercle, et ne plus être à l'extérieur de la toile."
Les trois grandes œuvres exposées, sur lesquelles Alessandro Papetti a travaillé pendant plus d'un an, sont présentées au sein d'une vaste structure tendue (concrétisant ainsi une idée que l'artiste mûrissait depuis une dizaine d'années) et abordent trois thèmes différents : l'eau, l'air et la forêt.
Le thème de l'eau - qui a motivé le rapprochement de cette initiative avec l'exposition Monet, Le Temps des nymphéas - s'inscrit naturellement dans la série que l'artiste a entamée en 1998, avec des peintures centrées sur l'idée du bain nocturne et les vastes bassins évocateurs qu'il a exposés à de nombreuses reprises. Dans ces toiles, l'eau, qu'elle soit nocturne ou diurne, est utilisée comme un moyen de distanciation, propulsant le spectateur dans une dimension qui ne semble plus relever de la réalité, mais plutôt des domaines de l'inconscient et de la mémoire, de la peur et des ténèbres intérieures. De même, la succession périodique de troncs d'arbres dans l'œuvre inspirée par la forêt semble rompre les schémas naturalistes du paysage traditionnel, tandis que dans la peinture inspirée par le thème de l'air, le geste pictural lui-même, avec sa force dynamique et son énergie vibrante, semble devenir le véritable protagoniste de l'œuvre.
L'exposition est accompagnée d'un catalogue comprenant un texte d'Achille Bonito Oliva.
