Le monde de Francine Van Hove est celui de la femme. Celle-ci apparaît dans une permanence corporelle qui lui confère une sorte d'éternité. La diversité des attitudes, judicieusement regroupées dans une composition qui suggère la simultanéité dans l'unité, donne à sa peinture une dimension particulière. L'artiste ne rejette pas sa filiation à un classicisme qu'elle revendique au nom de l'honnêteté d'un dessin. juste, sensible, à l'écoute de ses modèles. Ces jeunes filles, qui présentent la même morphologie, sont captées dans des miroirs pour une démultiplication du corps, souvent nu, comme autant de propositions visuelles pour des jeux de corps, de regards et de miroirs dont Van Hove maîtrise les pièges. Les peintures nous disent la familiarité, l'intimité qui lie le peintre à ses modèles. Dans un mouvement kaléidoscopique, les poses se répondent. Un long travail dessiné précède l'étape picturale. Le crayon, le pastel et le fusain restent à l'écoute d'une sensualité qui se laisse surprendre avec naturel, candeur et confiance. Puis la peinture est amoureusement caressée pour une surface lisse et transparente, où le rendu des chairs exprime toutes les subtiles carnations ocre rosé. C'est ce tête-à-tête sans rivalité, mais en totale complicité, qui évite la répétition et la banalité. La vérité humaine en ressort grandie.
Francine Van Hove
autour d'elles
Lydia Harambourg, La Gazette Drouot, 26 October 2007
