Les villes fugitives de Papetti

Violette Lazard, Le Parisien, 8 May 2007

Photos ou peintures ? Vu de loin sans s'attarder, difficile de répondre. Normal. Le peintre italien Alessandro Papetti, qui expose en ce moment une trentaine de toiles à la galerie Alain Blondel, travaille toujours d'après photos. Vu de près, en revanche, ce sont bien de véritables œuvres d'art. Sur des toiles immenses, le peintre fixe avec des couleurs bleutées la vitesse insaisissable des villes. Paris et son carrefour de l'Odéon mais aussi Moscou ou Gênes. A grands traits de pinceau fuyants, voici le mouvement. Puis, ici et là, les détails fixes apparaissent. 

 

Des ombres insaisissables par un appareil photo. Un feu rouge, un lampadaire et des phares, un arbre. Le tout donne une impression globale saisissante, presque surréaliste : comme si l'on apercevait la ville à travers la vitre embuée d'une voiture qui file.

 

La galerie expose également des "Paysages industriels" - des hauts-fourneaux, l'usine Fiat de Turin… peints selon la même technique "photographique". Et quelques nus, toujours fugitifs mais terriblement réalistes.