Sergio Ceccotti Canzone della sera painting peinture

Canzone della sera, 2012

huile sur toile/oil on canvas

65 x 80 cm

private collection, France

Sergio Ceccotti aime les longues marches urbaines hors des sentiers battus, le dimanche de préférence, avec ses bureaux et boutiques fermés, vidés de leur fonction et de l’agitation humaine. C’est là, au fil de ses pérégrinations, qu’il trouve le cadre, comme un cinéaste en repérage, dans lequel il met en scène des histoires du quotidien, anecdotiques et inoffensives en apparence. Car la simple évidence de la trame narrative est troublée par la présence incongrue d’un objet banal ou par une coexistence d’intrigues secondaires.

 

Ses fictions elliptiques et ses destins entrecroisés évoquent le processus du film choral mais un film dont les ressorts narratifs auraient été mystérieusement rompus. En l’absence de toute causalité, une scène ordinaire devient aussi énigmatique qu’une ville déserte. Il ne subsiste qu’un complexe réseau de correspondances, comme un jeu de piste battant en brèche notre perception du réel ; de simples objets de tous les jours semblent plus signifiants que des personnages issus tout droit d’un film noir des années 50. Mais peut-être sont-ils seulement des pantins…

 

La métropole de Sergio Ceccotti s’apparente à quelque Babel ultra-moderne, bâti sur le progrès technique, sur la connaissance qui abonde dans les appartements bourgeois. Babel surchargé de messages de toutes sortes mais dénué de communication, c’est une juxtaposition de solitudes, cloisonnées, indifférentes. Une des origines étymologiques de Babel serait un mot hébreu signifiant "brouiller, rendre confus" ; les peintures de Sergio Ceccotti, truffées de références culturelles comme autant d’indices de romans policiers, nous invitent à débrouiller si possible ces nœuds séculaires.

          

Sergio Ceccotti likes the long urban walks off the beaten track, preferably on Sunday when offices and shops are closed, devoid of their function and of the human bustle. In the course of his wanderings, he finds the settings, like a moviemaker in scouting, in which he dramatizes his stories of everyday life, anecdotal and harmless in appearance. Because the simple evidence of the narrative weft is disturbed by the incongruous presence of a common object or by the coexistence of secondary plots.

 

His elliptical fictions and his interlaced destinies evoke the process of an ensemble film but a film whose narrative elements would have been broken mysteriously. In the absence of causality, an ordinary scene becomes as enigmatic as a deserted city. It remains just a complex network of correspondences, like a treasure hunt which destroys our perception of reality; it seems that any daily object is more meaningful than the characters which look like film noir actors. Maybe are they just puppets…

 

The Ceccotti’s metropolis is similar to a modern Babel, built on technical progress and on knowledge which abound in bourgeois apartments. Babel overloaded with messages but lacking in communication, it is just a juxtaposition of solitudes, walled, indifferent. One of the etymological origin of Babel might be a Hebrew word meaning “to mix up, to confuse”; the paintings of Sergio Ceccotti, full of cultural references as so many clues of detective novel, invite us to distangle if possible this ancient knot.