Francine Van Hove Fascinée painting peinture

Fascinée, 2010

huile sur toile/oil on canvas

46 x 55cm

Cette exposition couvre la production de Francine Van Hove des années 2009-2011. Comme toutes les précédentes, elle compte plusieurs tableaux de dormeuses. Les autres personnages qui sont réveillés donnent l’impression de vouloir prolonger le bien-être qu’elles ont connu pendant leur "plein sommeil". Elles s’attardent dans leur lit avec un livre ou se laissent fasciner par le petit écran en buvant leur café ou leur thé du matin. Elles ne sont manifestement pas pressées de s’habiller pour sortir et affronter le monde extérieur. Chacune vit seule ce moment privilégié et psychologiquement hors du temps. Tout est encore simple et intime.

 

A cette première simplicité s’associe celle des décors : un coin d’atelier ou d’appartement. Le dit appartement se réduit à une petite pièce sommairement meublée, ou à un drap et des coussins, à un vieux bol ébréché, une petite cuillère et un morceau de sucre sur une nappe blanche, un ou deux sièges et des postes de télévision datant de l’époque révolue où ce genre d’appareils se distinguaient encore des ordinateurs et de tous les écrans plats à venir, des piles de livres, un canapé à géométrie variable recouvert d’un châle brodé à franges... Tous ces objets magnifiés par la lumière où ils baignent et la capacité du peintre à nous rendre leurs matières visuellement sensibles grâce à son sens exceptionnellement développé du "toucher visuel".

 

Nus ou à demi-dévêtus enroulés dans des peignoirs de coton ou des serviettes de bain, les corps des modèles sont pour le peintre autant de prétextes à perpétuer la tradition de la peinture classique dans laquelle elle s’inscrit de façon volontariste depuis ses débuts.

          

This exhibition covers the work produced by Francine Van Hove in the 2009-2011 period. In keeping with her former work, there are several paintings of sleepers. The other characters who are awake give the impression of desiring to extend the contentment they had known during their "deep sleep." They linger in bed with a book or occupy themselves with television while drinking their coffee or tea in the morning. They are not manifestly driven to prepare themselves to go out and confront the outside world. Each one lives solely in this privileged and psychologically timeless moment. All is simple and intimate once more.

 

The initial simplicity is reflected in their setting; a corner of the studio or the apartment. This apartment is reduced to a small room sparsely furnished, limited to a sheet and pillows, an old chipped bowl, a teaspoon and a sugar cube on a white napkin, one or two seats and television sets dating from a bygone era when such devices were once distinguished from computers and all the flat screen TVs to come, piles of books, a patterned sofa covered with an embroidered, fringed shawl...All these objects are embellished by the light in which they bathe and by the artist's ability to render their materials explicitly, due to her exceptionally developed sense of "visual touch".

 

Nude or partially nude and wrapped in cotton robes or towels, the models' bodies are, for the painter, a pretext to perpetuate the tradition of classical painting which she has proactively continued since her debut.