Francine Van Hove Eau miroir painting peinture

Eau miroir, 2013

huile sur toile/oil on canvas

50 x 65 cm

L’œuvre de Francine Van Hove allégorise le quotidien : l’instantané devient définitif et la signification de l’anecdotique monte d’un cran. Pour cela elle met en scène des jeunes femmes dans des intérieurs clos ; une "maison" si l’on veut, mais qui serait si close que la probabilité d’intrus y serait nulle. A l’abri, inconscientes ou insouciantes de leur propre beauté, elles se laissent aller à l’aimable paresse ou s’adonnent à des plaisirs immobiles : lire, prendre le thé, s’abîmer dans un reflet. Des moments arrachés à l’écoulement du temps, rappelé ici par quelque nature morte, là par l’interrogation sans fin d’un miroir.

 

Sa peinture procure une sensation d’émerveillement, diffusée par la précision des jeux de lumière, le rendu de la matière et la richesse des détails. Les corps, savamment modelés, imposent par la perfection de leurs gestes assurés une rêveuse harmonie. Sans doute, la résonnance des œuvres de Van Hove vient-elle de loin : la statuaire grecque, la Renaissance italienne et la peinture flamande, partout où la présence des "Grâcesnous souffle l’intuition du bonheur ici-bas.

 

Sous une simplicité apparente, son œuvre conserve une part de mystère. Ces jeunes filles tantôt songeuses tantôt mélancoliques défendent l’accès à leur intériorité. Et, comme chez Vermeer, l’œuvre demeure pour une certaine part insaisissable.

          

The work of Francine Van Hove allegorizes the everyday life: the instant becomes definitive and the meaning of anecdotal grows a little. She stages young women in closed interiors; a kind of “home” which would be so enclosed that the probability of entering would be non-existent. In a safe place, unconscious or unconcerned by their own beauty, they let themselves go to laziness or devote themselves to immobile pleasures: reading, having tea, being immersed in reflection. Moments extracted from the passage of time, recalled here by a still-life, there by the endless questioning of a mirror.

 

Her paintings bring a sensation of wonder, released by the precision of play of light, by the rendering of material and the richness of details. Bodies, skillfully modelled, impose a dreamy harmony by the perfection of their confident gestures. Undoubtedly, the resonance of Van Hove’s works comes from far away: the Greek statuary, the Italian Renaissance, the Flemish painting, everywhere the presence of "Graces" blow the intuition of happiness here below.

 

Under an apparent simplicity, her work keeps a kind of mystery. These young women, sometimes pensive sometimes melancholic, forbid us the access to their interiority. And, like in Vermeer’s works, the painting stays in a way elusive.